Plus qu’un chiffre, notre nom - Les Chroniques -
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Plus qu’un chiffre, notre nom
Depuis que nous « entrés en vaccination », nous assistons, partout où l’on vaccine, à des démonstrations de force. Elles prennent la forme, simple, au fond, d’énonciations chiffrées de nombres de vaccinés par jour, et par catégories de populations. Israël, pour ne citer que lui, a changé d’ère, une organisation hors-pair, une efficacité redoutable a permis à l’État Hébreux de faire que la pandémie de Covid-19 soit derrière lui, et ses habitants. L’Amérique, elle aussi, a déjà vacciné une part importante de sa population. Mettons que l’Europe soit un peu à la queue, que pour moult raisons, que nous connaissons déjà, force médiatisation de ce qui se présente ici, comme un fiasco, là comme l’impossibilité de desservir les peuples d’Europe, les médias nous abreuvent sans cesse de victoires et de d’étranges défaites, comme ils continuent à montrer, chaque jour, comment variants et recombinants continuent leurs infatigables, indiscutables, progressions, l’ère des pandémies, pour certains, le mystère d’un virus, pour certains autres. Pourtant, s’il est une chose, que cette prolifération de paroles, souvent contradictoires, d’actes manqués réussis , et de gesticulations devenues banales, oui, une chose que cette période, cette séquence, dirons-nous, révèle, c’est un chiffre. Et un seul. Sans doute le plus important. Le seul, encore une fois, qui n’intéresse personne, ou si peu, alors que des chiffres, depuis plus d’un an, nous parlons tant… Ce chiffre c’est : 7,83 milliards soit la population mondiale. Étrange, n’est-ce pas, que ce chiffre apparaisse si peu, sur nos écrans, qu’il soit si peu prononcé aux différents JT du monde, et que l’infinie boucle de l’information, en définitive, le taise. Pas vraiment, au fond. Car l’usage que l’on fait de ce chiffre, de notre nombre, a une fonction tout autre. Il ne sert, ce nombre d’innombrables humains que nous sommes, que s’il permet de faire de nous tous, un danger pour nous-mêmes. Pour le climat, par exemple, trop nombreux que nous sommes, nous consommons le Monde comme autant de gloutons, dangereux et sans cesse voués aux gémonies de la moraline des uns, - les mêmes qui exhortent désormais les nouveaux venus de la religion du progrès, comme ces Chinois, à faire taire ce désir d’être à leur tour des dieux, désir venu trop tard, et qu’il faut réprimer, sous peine de nous tuer tous, trop de monde, dans ce monde, pourrait en payer le prix, il faut être charitable, penser aux autres, qui sont près de 8 milliards… Ce chiffre que l’on tait, qui ne dit mot de lui-même, car le ferait-il, autrement que lorsqu’il s’agit de jouer avec les chiffres – cette idée que 55 personnes possèderaient l’équivalent de 3,5 milliards d’humains, oui, là, c’est permis… Mais qui, en vérité, s’inquiète de vacciner, allez, mettons au moins la moitié de l’Humanité, et combien de vaccins, d’ici l’été, et pour qui, ces vaccins ? Alors, on nous dira que les chiffres, on leur fait dire ce qu’on veut : celui-là porte un nom : Humanité. C’est donc bien plus qu’un chiffre, c’est un nom, le nôtre.
By Driss Jaydane
06 April 2021