Un jour mon rapport viendra… - Les Chroniques -
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Un jour mon rapport viendra…
Alors qu’une partie du Royaume est sous la menace d’une troisième vague du Coronavirus, le rapport sur le nouveau modèle de développement se fait toujours attendre et les dix-huit mois d’attente seront bientôt atteints. Ce rapport paraît toutefois presque hors-sujet puisque, partout, l’activité tourne au ralenti et que des régions entières vivent en confinement partiel, sans percevoir le « bout du tunnel ». En existant, ce rapport entretient néanmoins l’espoir qu’un jour, un nouveau modèle de développement viendra. Un modèle de développement plus solidaire et plus vert est d’autant plus attendu que la crise sanitaire mondiale que nous vivons actuellement, en provoquant un coup d’arrêt de la quasi-totalité des activités humaines, a mis en lumière l’état de fragilité extrême de nos systèmes économiques et sociaux. Nos systèmes politiques et financiers ont, eux, fait preuve de davantage de résilience, pour le moment à tout le moins. Les institutions autorisées tablent malgré tout sur une croissance marocaine de l’ordre de 7% en 2021. Ces pronostics relèvent-ils de la méthode Coué ? Ils ne doivent pas faire oublier que l’économie marocaine vit sous légère perfusion d’argent public depuis un an. Cette assistance, qui permet d’éviter le pire à court terme, aura un prix quand elle s’arrêtera. Des fermetures d’entreprises en nombre et une flambée du chômage sont à redouter. À quoi il faudra ajouter le remboursement des prêts garantis par l’État et le règlement des dettes publiques. Et ce dans un contexte de dégradation certes marginale mais inéluctable de la signature Maroc à l’international. L’avenir s’annonce donc très incertain au Maroc tout comme sur le Vieux Continent, en dépit des plans de relance : 100 milliards d’euros dans l’Hexagone, dont 40 milliards d’euros issus du programme de l’Union européenne qui se chiffre, lui, à 750 milliards d’euros. Sur ce front, force est de constater que les États-Unis version Biden sont en train de donner une leçon de pragmatisme à la terre entière. Ils réagissent plus fort et plus rapidement. D’abord, le rythme des vaccinations est très soutenu outre-Atlantique, où plus de 100 millions de personnes ont reçu une première injection. Dès son arrivée à la Maison-Blanche, Joe Biden en a fait sa priorité. La vie reprend peu à peu ses droits, ici et là. Ensuite, les sommes d’argent injectées dans l’économie dépassent – presque – l’entendement. Au total, 5500 milliards de dollars vont être mobilisés. Cette politique, très démocrate, de relance de la consommation avec la distribution de chèques à toute la population devrait augmenter le revenu des ménages de 6% cette année. Les experts prévoient ainsi une croissance du PIB américain de 5,5%, comme en Europe, mais celui-ci n’avait reculé que de 3,5% l’année dernière, contre 6% en Europe ! Cette politique américaine, aux relents on ne peut plus keynésiens, fait-elle courir un risque de surchauffe ? Rien ne l’indique car les taux d’intérêt restent bas. Elle devrait, en revanche, profiter au monde entier. Y compris au Maroc et à l’Afrique, que le nouveau locataire de la Maison Blanche veut avoir à ses côtés, contrairement à son prédécesseur qui la prenait pour quantité négligeable pour rester poli. Comme quoi le parapluie américain n’est pas toujours que militaire. Il peut être aussi économique. Politique dont le Maroc gagnerait à s’inspirer en lançant des travaux d’amélioration des infrastructures de très grande envergure pour réduire les distances et favoriser la mobilité. Parapluie sous lequel le Maroc pourrait s’abriter afin de faire tomber les masques et de révéler au grand jour ce que chacun sait déjà l’Algérie est la principale partie prenante à un conflit dont le règlement passera nécessairement par le fait pour Alger d’assumer publiquement son statut et de s’assoir à la table des négociations. Le nouveau modèle de développement et l’appui renouvelé des Américains devraient permettre de faire de 2021 l’année des ruptures, de sortie d’un conflit hérité de la guerre froide et partant de la transformation du Maroc…c’est tout le mal que nous nous souhaitons.
By Mohamed Oulkhouir
07 April 2021